Venues du Maroc, du Kenya, du Mexique, d'Inde et du Népal, 7 membres d'organisations partenaires d'Artisans du Monde effectueront une tournée dans 45 villes. Elles participeront à des tables-rondes, rencontreront des consommateurs, des producteurs locaux, des élus, des salariés, des associations.
Saida Chaabouni a 43 ans. Fatiha Ganziz, 31 ans. Toutes deux sont respectivement couturière et brodeuse pour la Coopérative de femmes de Marrakech. L'histoire de cette coopérative est celle d'une action collective féminine au Maroc. Créée en 1987, elle compte actuellement sept adhérentes plus d'autres femmes qui travaillent pour la coopérative et qui sont payées à la tâche. Toutes ces femmes sont issues de milieux pauvres. Beaucoup ne sont jamais allées à l'école et ne savent ni lire ni écrire. Les femmes de la coopérative suivent des formations d'alphabétisation à l'Institut français de Marrakech, ainsi que des formations dans le domaine de la gestion. Comme le souligne Amina Naoui, trésorière de l'association, " les adhérentes s'épanouissent professionnellement dans le sens où elles apprennent vraiment un métier, se dotent de compétences commerciales et linguistiques et prennent part à la vie de la coopérative. ". Artisans du Monde entretient des liens privilégiés avec la Coopérative des Femmes de Marrakech. Tous deux collaborent dans le cadre du Programme concerté Maroc (PCM). Ce programme triennal réunit des ONG françaises et marocaines et s'inscrit dans un contexte particulier de relations entre acteurs qui souhaitent développer des pratiques de solidarité et de lutte contre la pauvreté et les inégalités. De plus, partant du constat du développement considérable du secteur associatif marocain et son rôle notable dans la société civile, mais aussi des faiblesses qui limitent ses performances, la logique d'ensemble portée par le PCM consiste à appuyer les capacités des partenaires marocains. Ainsi le PCM s'est fixé comme objectifs de promouvoir l'égalité d'accès aux droits fondamentaux, de favoriser l'autonomisation des acteurs associatifs marocains et de construire un authentique partenariat entre sociétés civiles des deux pays. Grâce à cet appui, la Coopérative des Femmes de Marrakech a développé ses débouchés en France et sur place, avec l'ouverture d'une boutique à Marrakech.
Deepali Singh est née le 27 mars 1972, dans un petit village nommé Katwa de l'état du Bengale. Deepali est allée à l'école, à l'université, ces " Machines à diplômes " comme elle les appelle. Ses rêves ? " Un monde où la vie serait meilleure, le désir d'être une femme indépendante et forte". C'est à cette époque qu'elle réalise que de nombreuses femmes partagent les mêmes désirs, mais n'ont pas les mêmes moyens. Par sa plume, Deepali est devenue peu à peu la voix de celles et ceux qui n'en ont pas. Responsable de l'information pour Ema depuis 1998, elle s'est efforcée à porter la question des femmes auprès des partenaires internationaux ou encore de questionner publiquement le rôle des femmes écrivaines et journalistes en Inde. Deepali Singh effectuera une tournée dans 10 villes du Nord de la France. Elle interviendra également à Paris à la conférence de presse nationale ainsi que dans deux débats ouverts au grand public le vendredi 29 avril à la Passerelle (11ème) et le 1er mai à l'Olympic Café (18ème). Basée à Calcutta, EMA a été fondée en 1977. Elle regroupe aujourd'hui une quarantaine de groupements de producteurs (soit 234 artisans) ainsi que neuf membres actifs (étudiants, avocats, enseignants, directeurs d'entreprises...). 60 % de femmes au Conseil d'Administration; quand il y a deux candidats, priorité est donnée aux femmes. EMA a également développé EKTA, un département spécifiquement consacré à l'action sociale à destination des plus pauvres, dont notamment les mères célibataires, des handicapé-es, des enfants. Plus de 3000 personnes bénéficient des programmes d'EKTA. Parmi les programmes, notons la construction d'un centre de formation pour les femmes des villages ; l'accueil et la formation d'enfants de mères célibataires, l'installation de fours à énergie solaire pour la cuisine en milieu rural. En mars 2003, EKTA a lancé un projet de formation de femmes leaders dans l'ouest du Bengale et le Kerala, 2 états-régions où des gouvernements de gauche ont fait la réforme agraire, augmentant ainsi le nombre de producteurs et la production alimentaire, et instauré un minimum obligatoire de 30% de femmes dans les assemblées locales et régionales. L'objectif de ce programme est de permettre aux femmes d'exercer réellement leur mandat, de connaître leurs droits et de former à leur tour les femmes des villages. EKTA s'est inspirée du concept de bénévolat, " inconnu chez nous où les gens doivent déjà se battre pour survivre " selon Swapna Das, coordonnatrice du programme EKTA, et a entrepris de mobiliser autour de ses programmes d'éducation des femmes issues de la classe moyenne.
Anastacia Wanjiko Munyao, responsable du marketing à l'exportation de la coopérative kenyane Bombolulu effectuera une tournée dans la région " Nord Est ". Situé à Mombasa, Bombolulu est un atelier pour handicapés qui emploie 65% de femmes. Créé en 1969 afin de remédier à la discrimination sociale forte pratiquée à l'encontre des personnes handicapées. Bombolulu a donné du travail à près de 350 producteurs soit, en comptant les familles, un revenu pour 1000 personnes. Les producteurs et productrices proviennent de l'ensemble du territoire kenyan. Ils sont choisis parmi les familles les plus pauvres et les personnes les plus désavantagées physiquement. La plupart sont atteints de la polio ou sont aveugles. Nombre d'entre eux retourneront ensuite dans leur région ou village d'origine. BOMBOLULU compte aujourd'hui un atelier de bijouterie regroupant environ 80 producteurs, un atelier de couture d'une trentaine de personnes, un atelier sculpture du bois et un atelier cuir. Bombolulu met également à la disposition des producteurs et productrices des logements près de l'atelier et leur verse des allocations. Des programmes ont été créés notamment pour faciliter les dépenses de santé et les frais de scolarité. Site : http://www.apdkbombolulu.com/
Reshma Gauchan est coordinatrice du marketing local. Revita Shrestha est directrice adjointe d'ACP Elles effectueront une tournée dans 8 villes de l'ouest de la France , ainsi qu'à Strasbourg. L'association vise à améliorer les conditions de vie des populations les plus marginalisées du Népal : les veuves et les femmes abandonnées ayant souvent des enfants à charge. 850 personnes travaillent pour ACP dans des domaines variés d'artisanat (vannerie, céramique, tissage sur métier.). Elles bénéficient en outre de nombreux programmes : prise en charge des frais de scolarité pour les filles à hauteur de 75%, accès facilité aux soins de santé, contrôles sanitaires fréquents, séances de relaxation pour les fileuses. Un système d'épargne a été mis en place ainsi que des programmes de protection de l'environnement. Site : http://www.acp.org.np/
Lilia Villaseñor est chargée de la production des ateliers d'artisanat de Xochiquetzal. Elle effectuera une tournée dans 8 villes du centre-est de la France. Xochiquetzal, littéralement " dieu de l'artisanat, des fleurs et des danses " a été créée en 1991 pour commercialiser l'artisanat mexicain selon les principes du commerce équitable. 450 producteurs bénéficient de cette structure qui travaille de concert avec Xochipilli, une entité chargée de la formation et de l'organisation des artisans. Au sein de Xochiquetzal et Xochipilli, ce sont des femmes qui occupent des postes à responsabilité. Site : http://www.laneta.apc.org/xochiquetzal/