Le partenariat

Depuis 40 ans, le réseau Artisans du monde travaille avec des organisations de producteurs :

  • sur les 3 continents : 107 organisations de producteurs dans 44 pays
  • de différents types de production : 29 organisations en artisanat, 71 en alimentaires et 7 en cosmétiques.
  • de différents statuts : 47% de coopératives et d'unions coopératives, 27% d'associations/ONG/fondations et 26% de petites entreprises.
  • de toutes tailles : entre 10 artisans et plus de 50 000 coopérateurs. 35% des organisations entre 100 et 300 membres.
  • dans une relation de durée : nous travaillons avec certaines organisations depuis plus de 35 ans.
  • dans une relation humaine : nous rencontrons chaque année prés de 15 organisations en France ou à l'étranger.
  • et des partenariats avec les organisations de « producteurs du nord »


Une relation partenariale forte

Un partenariat économique et politique, pas de l’aide.

Pour Artisans du Monde, le commerce équitable est avant tout un partenariat humain entre organisations au sud et au nord, qui militent pour la mise en œuvre concrète d’une économie sociale plus juste et plus solidaire. Il s’agit donc ici d’un partenariat commercial mais aussi de partager une vision politique d’une économie mondiale plus juste et plus solidaire.

Cette vision place les producteurs et les organisations de producteurs dans une femme_laos_parapluieposition de partenaires et non de bénéficiaires. Que cela soit Artisans du Monde, SolidarMonde, au nord ou les organisations de producteurs au sud, nous considérons que nous sommes tous acteurs de commerce équitable, porteurs de transformations sociales dans nos contextes respectifs.

Au travers du partenariat de commerce équitable, nous cherchons à ce que chaque acteur de cette  filière puisse progresser réciproquement et mettre en œuvre ses projets spécifiques.

Si ce partenariat contribue au sud, dans un premier temps, à améliorer les conditions de vie des producteurs par le paiement d’un prix rémunérateur, régulier et durable (nous travaillons avec certaines organisations depuis plus de 15 ans), il cherche aussi et surtout pour Artisans du Monde, à renforcer les organisations de producteurs pour une plus grande autonomie et la recherche de solutions locales aux problèmes de développement.

Travailler avec des organisations de producteurs structurées

Pour nous permettre de soutenir économiquement et politiquement les petits producteurs des pays du sud, nous travaillons avec des organisations structurées que nous appelons organisations faîtières, ou organisations de producteurs de 2ème niveau.

Ces organisations, issues généralement du regroupement et de la mise en commun desRiz_018_RA moyens des producteurs eux-mêmes (souvent appuyées par des ONG locales), permettent aux producteurs les plus marginalisés d’intégrer des filières de commercialisation locale et internationale via les filières équitables. En effet, ce sont ces organisations qui assurent pour le compte des producteurs, toutes les activités liées à la commercialisation des produits : exportation, douanes, logistique, marketing, communication,...

Il s’agit d’organisations reconnues comme étant des acteurs du commerce équitable, ce qui signifie que :

Elles appuient directement les producteurs dans leurs activités de production : formation, conseils, adaptation au marché,...

Enfin, grâce à des économies d’échelle, grâce à la mise en commun des moyens financiers dégagés par les filières de commerce équitable et grâce à leur poids économique et politique, ces organisations faîtières mettent en oeuvre des projets sociaux à destination des producteurs, de leurs familles et parfois de la communauté toute entière.

Cette structuration au sud est fondamentale pour garantir la capacité de commercialisation des petits producteurs et leur permettre ainsi d’intégrer des filières de commercialisation rémunératrices et durables.

Nous travaillons avec une grande diversité d’organisations qui diffèrent par :

  • Leurs statuts : nous travaillons avec des ONG (Corr the Jute Works au Bengladesh), des fondations (Fundacion Solidaridad au Chili), des entreprises sociales (Ket Doan au Vietnam), des GIE (Cercle des sécheurs), des coopératives et unions de coopératives (El Ceibo en Bolivie), des associations (Anapqui)
  • Leurs projets de développement : le développement économique des producteurs (Gramen Craft en Inde), l’amélioration des conditions de vie locales (ONG des villageois de Ndem au Sénégal), le plaidoyer (Silence pour la protection des enfants en Inde), le développement de l’agriculture biologique (Green Net en Thaïlande), ...
  • Leurs tailles : nous travaillons avec des organisations très petites (moins de 15 productrices au sein de Kory Ampara en Bolivie) et des organisations très grandes qui regroupent de très nombreux producteurs (grandes coopératives caféière de Tanzanie ou d’Ethiopie avec plus de 10 000 coopérateurs).

Soutenir des producteurs marginalisés et exclus des circuits conventionnels

Si notre vision n’est pas celle de la charité, elle est celle de la solidarité avec des populations marginalisées. Les organisations avec lesquelles nous travaillons sont pour beaucoup issues d’ONG locales qui ont cherché à intégrer les populations fragiles dans le commerce via les filières du commerce équitable.

Ainsi, parmi nos partenaires, nous soutenons des producteurs marginalisés par :

  • Leur statut social : les intouchables en Inde (Tara Project en Inde), ...
  • Leur condition physiques : les handicapés, les personnes malades (Bombolulu au Kenya),...
  • Leur origine ethnique : les peuples indigènes (Saffy des Philippines, CGTSM du Brésil).

 

D’une manière générale, nous soutenons les organisations qui impliquent les femmes (EMA en Inde, Selyn au Sri Lanka, Sopexcca au Nicaragua,...), principales victimes de la pauvreté et de l’exclusion dans des sociétés souvent discriminantes. Ceci constitue un enjeu fort des filières

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Artisans du Monde car, parmi les 1.5 milliard de personnes qui vivent avec 1 dollar par jour ou moins, on trouve principalement des femmes. Alors que ces dernières fournissent deux tiers des heures totales de travail, elles ne gagnent que 10% du revenu mondial et ne possèdent que 1% des terres attribuées. Elles jouent par ailleurs un rôle social prépondérant dans la cohésion sociale des familles et des communautés.

La première cause d’exclusion et de marginalisation des producteurs du sud restant le critère économique (niveau de revenu et de vie), nous soutenons finalement les producteurs pauvres, exclus du système économique conventionnel et victimes de ses injustices.

Soutenir des petits producteurs : agriculture paysanne, artisanat et savoirs faire traditionnels

Grâce à la dynamique de regroupement des producteurs qui permet d’assurer des volumes et une qualité de production suffisants, nous parvenons, au travers des organisations faîtières à soutenir les plus petits producteurs :
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Concernant, les productions alimentaires, nous soutenons des petits paysans pratiquant une agriculture familiale. Pour la majorité d’entre eux, les ventes des filières équitables sont une source de revenu complémentaire qui vient s’ajouter aux cultures vivrières de la famille. Si nous avons choisi de soutenir l’agriculture paysanne c’est parce qu’elle est, de fait, un mode de production capable de répondre aux défis actuels de l’agriculture :

  • produire suffisamment pour assurer la souveraineté alimentaire (s’ils ne sont pas concurrencés par des importations subventionnées),
  • créer de l’emploi et renforcer les solidarités locales pour maintenir les populations locales et éviter l’exode rural,
  • préserver les ressources naturelles, en pratiquant une agriculture raisonnée, s’appuyant sur des savoirs faire locaux traditionnels et respectueux du milieu (qui est avant toute chose leur lieu de vie !).


D’autre part, à Artisans du Monde (c’est une de nos particularités), nous soutenons des producteurs d’artisanat. En effet, c’est parmi les producteurs d’artisanat que l’on retrouve les communautés les plus marginalisées et les plus dépendantes de la filière commerce équitable. Dans bien des cas, cette activité est la seule génératrice de revenus et permet à certaines familles d’échapper à l’exode rural. L’artisanat constitue donc un levier important pour agir concrètement en faveur du développement des communautés du Sud. Seuls les magasins spécialisés, comme Artisans du Monde, proposent des débouchés à ces artisans, le volume de leur production ne pouvant permettre un référencement dans les grandes et moyennes surfaces.

Que cela soit dans l’artisanat ou dans l’agriculture, nous travaillons avec des producteurs et des organisations de producteurs désireux de maintenir des modes de production et des savoirs faire traditionnels (le guarana des Satéré Mawé du Brésil, les tissus des peuples Cham du Vietnam, les objets en pierre à savon du Kenya, le riz violet du Laos,...). Les filières Artisans du Monde sont ainsi un vecteur de diversité culturelle et de partage.

Soutenir des projets de développement cherchant l’autonomie et la diversification

Le commerce équitable n’a pas vocation à perdurer indéfiniment dans sa forme nord sud. Pour Artisans du Monde, il est dans un premier temps, un acte de soutien et de solidarité dans un contexte d’inégalités. Mais il cherche, par son effet levier, à donner les moyens aux producteurs de trouver leurs propres solutions de développement.

Notre action économique au travers des filières équitables permet de soutenir les organisations faîtières qui mènent des projets d’appuis aux producteurs et aux populations locales. Ces projets peuvent être simplement économiques (amélioration de la production et de sa rentabilité, diversification de la production), sociaux (programmes d’éducation, de santé,...), politique (défense d’un peuple, d’un milieu,...),...

Ainsi au delà du soutien économique apporté par notre action de commerce équitable, nous tenons à soutenir régulièrement et plus directement (appui financier, stratégique) certains projets qui convergent particulièrement avec nos axes de travail :

  • Les projets de renforcement local et d’autonomisation : les projets de transformations locales pour une plus grande valeur ajoutée dans le pays producteur (appui à Lao Farmers Product pour les confitures du laos), les projets de commercialisation locale (commerce équitable sud-sud au Pérou ou au Sénégal).
  • Les projets de plaidoyer politique (appui aux producteurs palestiniens et à l’organisation PARC).