Est-ce que vous travaillez vraiment avec les producteurs les plus défavorisés ?

N os partenaires sont, oui, des producteurs marginalisés, mais ils doivent être structurés en organisations afin de répondre aux exigences du marché du commerce équitable. En revanche, leur fonctionnement est toujours équitable et à taille humaine.

L’objectif de solidarité du commerce équitable consiste à soutenir des dynamiques de développement économique et social portées par des acteurs de terrain. Il ne s’agit pas de charité, d’aumône ou d’action d’urgence humanitaire : nous ne critiquons pas ici ces démarches, qui sont tout à fait nécessaires par ailleurs, mais nous tenons simplement à préciser que ce n’est ni l’objectif ni le mode d’action que nous nous sommes fixés au travers du commerce équitable.

A travers ce dernier, nous cherchons à construire avec nos partenaires (non pas “bénéficiaires” !) un partenariat pour faire progresser le commerce équitable et ses impacts, au Sud comme au Nord. Nous cherchons à renforcer l’autonomie des producteurs, leurs capacités individuelles ET collectives. Et nous avons identifié le commerce, l’achat de leur production, comme moyen d’atteindre ces objectifs en respectant leur dignité et en valorisant leurs savoir-faire.

Pour cela, il faut que nous puissions nous appuyer sur des produits vendables et des organisations capables de répondre aux minimums d’exigences (qui vont grandissant) de nos clients. Cela implique donc nécessairement de travailler avec des organisations de producteurs qui soient structurées. Cela signifie donc, et nous devons être clairs avec ça, que nous ne travaillons pas avec des populations en situation de crise humanitaire ! Cela ne signifie pas non plus que les producteurs avec lesquels nous travaillons sont des « nantis », loin de là !

En revanche, ce sont toutes des personnes marginalisées (économiquement, socialement et/ou politiquement), mais qui ont suffisamment de capacités d’organisation pour entrer en relation avec nous. Et, de manière assez logique, plus les organisations de producteurs sont importantes (les plus petites regroupent 50 producteurs et les plus grandes plus 10 000), plus elles sont en capacité d’intégrer et de suivre correctement des populations très marginalisées. Encore une fois, attention, grandes et importantes ne signifient pas riches ou lucratives. Dans notre filière intégrée, elles sont toutes des organisations de commerce équitable !

Ce qui est vrai dans notre filière, comparativement à des filières plus importantes (comme en grande surface), c’est que notre modèle de distribution, qui reste à taille humaine, nous permet de travailler avec des organisations de producteurs elles aussi à taille humaine. Sans la contrainte des volumes nous pouvons aussi nous attacher à choisir nos partenaires sur des critères de projets, de modèles de production, et c’est ainsi que nous ne travaillons, en alimentaire, qu’avec des organisations de producteurs (type agriculture paysanne et familiale) et non avec des plantations intensives, toutes équitables soient-elles.


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