Les multinationales de l’industrie textile, histoire de la libéralisation d'une filière

Les multinationales de l’industrie textile, histoire de la libéralisation d'une filière

L a libéralisation du secteur textile engendre un environnement social, législatif instable pour les travailleurs.

Le secteur textile constitue une illustration emblématique des dérives de la mondialisation.  En effet, depuis 2005, suite à la fin de l’Accord multifibres, qui instaurait des quotas d'exportation par pays, le secteur a été entièrement libéralisé ; et son organisation bouleversée à l'échelle planétaire.      

682403 millions ouvriers repris travail zones Les entreprises multinationales. Dans les années 2000, la Chine devient le premier atelier du monde, suivie depuis  une  dizaine d'années du Bangladesh, et d'autres pays du Sud-Est asiatique, comme le Cambodge. Cette course  effrénée à la    compétitivité a encouragé celle au moins-disant social, dont les premières victimes ont été les  travailleurs de ces pays. Dès lors, les violations des droits fondamentaux de ces travailleurs sont légion :  horaires harassants, salaires de    misère, conditions d'hygiène et de sécurité dégradées, pression extrême et  entrave à la liberté syndicale, qui prive les  travailleurs de la possibilité de défendre leurs droits. ont alors pu  localiser leur production partout dans le monde, et  notamment dans des pays offrant un environnement  économiquement « attrayant », c'est à dire bien souvent un   environnement social et législatif dégradé : la  course pour produire au moindre prix et dans les délais les plus  courts est lancée, aucune règle du jeu ne vient  cadrer les acteurs. S'en est suivie une mise en concurrence brutale entre    les travailleurs du monde, et une  délocalisation de la production dans les pays à faible coût de main d'œuvre. D'abord au profit de l'Europe de l'Est,  puis du Maghreb.    

 L’effondrement à Dacca au Bangladesh du Rana Plaza, le 24 avril 2013, qui s'est soldé par la mort de 1138  travailleurs, est venu illustrer l'émergence, de multinationales qui ont mis en œuvre un modèle économique visant la minimisation des coûts de production pour maximiser les profits.

La recherche de création de richesse n'est pas en cause. La course aveugle au profit sans considération des droits fondamentaux ou des dommages irréversibles à l'environnement, si. Ce qui est surtout en cause, c'est le climat de totale impunité dont ont bénéficié ces acteurs, qu’aucune règle ne contraint à contribuer à l'intérêt général. L'absence de responsabilité juridique entre un donneur d'ordres et sa chaîne de sous-traitance est emblématique de cette impunité. Or,  elles doivent être tenues pour responsables des dommages causés par leurs activités, partout où elles opèrent. C'est l'objet en France de la loi sur le devoir de vigilance des multinationales, votée en première lecture par l'Assemblée nationale en mars 2015, puis rejetée par le Sénat. Elle doit être inscrite sans tarder pour une deuxième lecture afin d'être effective. Dans ce combat, la pression citoyenne est un moyen puissant et indispensable pour rappeler les multinationales à leurs obligations.


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